Auteur/autrice : Houefa

  • Peut-on vraiment écrire ce qu’on pense sur Internet aujourd’hui ?

    J’ai longtemps cru qu’Internet, les réseaux sociaux, allaient offrir un espace de liberté, un lieu où chacun pourrait enfin s’exprimer sans filtre, dire ce qu’il pense vraiment, échanger en toute authenticité.

    Aujourd’hui, je me pose la question : est-ce encore possible ?

    Parce que ce que j’observe, c’est un univers où la visibilité semble réservée à ceux et à celles qui clivent, qui polarisent, qui critiquent fort. Ceux et celles qui s’affichent dans des postures tranchées, qui attisent la controverse, qui déclenchent des réactions vives.

    Ces personnes-là captent l’attention, prennent la parole, deviennent les “gagnants” des algorithmes.

    Pendant ce temps, les voix nuancées, les réflexions ouvertes, les débats bienveillants semblent s’effacer. Ou pire, être noyés sous les critiques et les jugements.

    J’ai cette impression très forte qu’aujourd’hui, écrire ce que l’on pense ne veut plus dire partager une pensée complexe, nuancée, en construction. Ça veut plutôt dire prendre un camp, un positionnement fort, quitte à perdre la richesse du dialogue.

    Un monde en noir et blanc

    Ce qui me trouble, c’est cette tendance à réduire tout à du “blanc ou noir”, “pour ou contre”, “avec ou contre”.

    Sur le web, les nuances disparaissent. Les arguments nuancés sont souvent perçus comme un signe d’hésitation, voire de faiblesse.

    On ne débat plus vraiment. On se fait souvent face, dans une sorte de joute où le but n’est plus de comprendre l’autre, mais de “gagner” la discussion, d’imposer sa vision.

    Le respect de l’autre, la bienveillance, deviennent des denrées rares.

    Et ça ne concerne pas seulement les idées que l’on partage.

    Parfois, c’est notre appartenance à une communauté, notre apparence, ou des stéréotypes qui deviennent des cibles, bien plus que nos propos.

    On ne critique plus les propos mais la personne.

    La peur de s’exprimer pleinement

    Dans ce contexte, j’ai moi-même souvent hésité à déposer mes pensées, à ouvrir mon espace personnel sur le web.

    Je me suis demandée si mes mots allaient être accueillis, compris, ou s’ils allaient être déformés, jugés, attaqués.

    Je me suis demandée si je pouvais vraiment être moi, avec mes contradictions, mes doutes, mes nuances.

    Parce qu’écrire ce que l’on pense, c’est aussi s’exposer.

    C’est risquer le regard, la critique, parfois la mise à l’écart.

    Alors on s’autocensure.

    On filtre nos propos.

    On choisit la facilité, le consensuel, ou tout simplement le silence.

    Le poids des algorithmes et des réseaux sociaux

    Les plateformes elles-mêmes ne facilitent pas cet espace de parole libre.

    Leurs algorithmes favorisent les contenus qui génèrent de l’émotion forte, souvent la colère ou la peur.

    Ils récompensent la polarisation, les conflits, les titres choc.

    Ils ne valorisent pas la nuance, le doute, la complexité.

    Ils orientent la parole vers un format court, tranché, souvent clivant, au détriment du débat réfléchi et patient.

    Est-ce nous mêmes qui avons déclenché cela ou est-ces les grandes entreprises de la Tech qui nous imposent ces codes ?

    Je pense que c’est dommage d’en arriver à ce point …

    Parce que j’ai la conviction que beaucoup de voix ne sont plus entendues aujourd’hui.

    Des voix qui pourraient enrichir, apaiser, ouvrir des perspectives.

    Des voix qui osent la complexité, la sincérité, la fragilité.

    Des voix qui ne cherchent pas à tout prix à “gagner” un débat, mais à comprendre et faire comprendre.

    Je trouve de plus en plus difficile de trouver des arguments et des faits pour étoffer notre propre pensée et réflexion afin de se faire notre propre idée du sujet.

    Certains faits sont cachés pour générer le buzz. Certains éléments sont trafiqués pour succiter les émotions. Et au final, on ne sait plus ce qui est vrai, ce qui est faux ..

    Une réflexion ouverte

    Je n’ai pas la prétention d’apporter une réponse à cette question.

    Je dépose simplement ici ce que je ressens, ce que j’observe, avec ses contradictions et ses nuances.

    Je dépose ce sentiment d’un espace de parole qui se resserre, d’une parole qui se polarise, et d’une liberté d’expression qui s’étiole à force d’être récupérée par des logiques d’attention et de performance.

    Je dépose aussi ma volonté de continuer à écrire, à penser, à partager, malgré tout.

    Parce que la richesse humaine est dans la diversité des voix, dans la complexité des idées, dans la bienveillance des échanges.

    Et que même si ce chemin est parfois solitaire, il vaut la peine d’être parcouru.

  • Pourquoi j’ai choisi de partager mes réflexions, ici et maintenant

    Je suis Houefa. Consultante en stratégie RH, coach professionnelle, spécialisée en organisation, transformation et Strategic Workforce Planning.

    Pendant longtemps, ces casquettes ont défini mon identité publique. KACHŌWA est le reflet de mon expertise, de mon engagement auprès des entreprises, notamment dans le secteur du Corporate and Investment Banking où je pivote désormais mon accompagnement.

    Mais aujourd’hui, je ressens profondément le besoin de dépasser ces cadres professionnels pour me reconnecter à ce que je suis vraiment : une personne, avec ses doutes, ses paradoxes, ses envies, ses questionnements.

    Dans le tumulte des missions, des objectifs et des résultats, j’ai parfois perdu cet espace de liberté intérieure, ce temps pour la réflexion qui nourrit et fait grandir. Pourtant, c’est là que naissent les transformations les plus vraies, les plus durables.

    Ce carnet personnel que j’ouvre ici est un moyen de retrouver cette respiration. Un espace où je peux partager mes pensées, sans filtre ni obligation de cohérence parfaite, un lieu où mes mots peuvent prendre la place qu’ils méritent — au-delà de la posture de consultante, au-delà de l’image professionnelle.

    Je ne cherche pas à délivrer des vérités figées ni des recettes toutes faites. Au contraire, je veux donner à voir ce cheminement intérieur, souvent sinueux, parfois contradictoire, toujours en mouvement. Parce que c’est précisément cette complexité qui fait notre humanité.

    Je crois profondément que chacun·e d’entre nous est unique, et que les cases dans lesquelles on essaie de nous ranger sont souvent trop petites, trop rigides. J’ai longtemps été tentée de me définir à travers des concepts ou des étiquettes — coach, consultante, etc. — mais aujourd’hui, je préfère accueillir cette liberté d’être sans forcément mettre un mot dessus.

    Partager ici, c’est aussi un acte de courage, une façon de me montrer telle que je suis, avec mes forces et mes fragilités. J’espère que ce lieu pourra résonner avec celles et ceux qui, comme moi, cherchent un espace pour penser, ressentir et avancer, loin du bruit et de la rapidité du monde moderne.

    Pourquoi maintenant ? Parce que le moment est venu d’être pleinement moi-même, sans compromis. Parce que je veux que ces réflexions m’aident à grandir, mais aussi qu’elles inspirent, questionnent, apaisent ou secouent celles et ceux qui prendront le temps de me lire.

    Ce site n’est pas un espace de conseil ou de marketing, c’est un carnet personnel, un laboratoire d’idées, un espace de partage sincère. J’y écrirai sur ce qui me traverse : la singularité humaine, la transformation personnelle, les paradoxes de nos vies professionnelles, mais aussi les petits riens du quotidien qui font sens.

    Je t’invite à me rejoindre dans ce voyage. Ici, pas de jugement, pas d’attentes, juste un échange possible, au rythme de nos questionnements et de nos pas.

    Merci d’être là, de lire ces mots et d’ouvrir avec moi ce nouvel espace d’authenticité.